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30.7.10

retardataires


je rencontre régulièrement des gens qui s'excusent de ne pas avoir vu mon film. Comme si c'était une obligation. A vrai dire ils n'ont pas d'excuses car s'ils voulaient le voir — du moins les Parisiens — ils le pourraient encore. Ces dernières semaines, Crime était encore projeté tous les vendredis à l'Entrepôt à 13 h 40. Evidemment, ça peut changer et je ne suis pas sûr que ça se poursuive tout l'été. Mais il est facile de se renseigner. Donc, faites passer le mot. Si vous voulez vraiment le voir, allez le voir. C'est simple

1.7.10

encore… un peu

j'avais mal compris. Crime continue sa carrière, mais plus irrégulièrement, au cinéma L'Entrepôt (voir programmes). Et il passe tous les jours, à des heures différentes, au Café des images d'Hérouville Saint-Clair
Avis au retardataires !

15.6.10

mise au point

les gens ont des univers et des références très limités. Je le vois avec les critiques sur mon film, plein de défauts, certes, mais… Rectifions quelques erreurs. Hormis le prologue en couleurs (une VHS amateur de 1991), le film a été tourné en super-16mm, ensuite kinéscopé en 35 mm. Malheureusement on n'a pas pu le gonfler directement (manque de budget), d'où l'impression "vidéo" de l'ensemble.
Tout le monde parle de Lynch à propos de Crime. Mais c'est de la paresse intellectuelle. Exactement comme quand on qualifie un suspense de "hitchcockien". A ma connaissance, Hitchcock n'a pas inventé le suspense. Certes, l'influence de Lynch est là. J'ai été fan du cinéaste, jadis. Mais je n'ai nullement cherché à le copier. La bande son, par exemple, date de 1983-84. Je l'ai utilisée par économie, parce que ce travail sonore existait déjà (indépendamment du cinéma) et je ne pouvais pas travailler le son comme j'aurais voulu.
Le film est moins inspiré de Lynch que du cinéma et de la littérature de l'Est. Demandez à ma chef op : un des seuls exemples que je lui ai montré est une photo tirée d'un film de Sharunas Bartas. D'ailleurs toute une séquence s'inspire de Bartas. Ensuite, il y a, diffusément, partout dans le film, un esprit, une atmosphère, qui vient de ma passion pour Béla Tarr. Si j'avais pu, le film aurait plus ressemblé aux siens, car j'aurais tourné au steadycam. Enfin, il y a une idée, un élément très précis et concret, que j'ai directement copié sur un film russe (je ne dirais pas quoi, vous n'avez qu'à chercher). Par ailleurs, un critique de Télérama déclare comiquement que mon héros, qui a pourtant un nom assez clairement connoté, a un "look amish". N'importe quoi ! Il a un look mi-gitan, mi Raspoutine. J'ai déjà fait un parallèle photographique assez parlant plus haut dans le blog. Son nom lui-même, Muinski, est une déformation de Mychkine, le prince idiot de Dostoïevski. Le titre aussi s'inspire de Dostoïevski. C'est Crime, mais sans châtiment, parce que je pense que le monde est plus complexe que chez Dostoïevski ; souvent la frontière entre le mal et le bien n'existe pas vraiment, et un grand nombre de crimes restent impunis.
Par ailleurs, j'admire les films de Ossang, j'aime sa démarche, sa candeur, sa culture. Je l'ai toujours défendu — tout comme je défendrais Godard —, mais sans être réellement en phase avec son univers et son cinéma (je préfère le court Silencio de FJ à ses longs). J'aime surtout le mec, son allure, sa personne. Il me semblait avoir la bonne silhouette pour le personnage. Donc je comprends mal qu'on compare mon film aux siens. Il ne faut pas confondre la partie et le tout

21.2.10

C & moi

je sais que je ne devrais pas reparler de Cameron car il ne le mérite pas. Mais je ne me remets pas de sa putasserie qui revient à mettre la grosse artillerie hollywoodienne (moyens techniques + marketing dévastateur) au service d’une bluette (ou bleuette) néo-rousseauiste. Autrement dit, le rouleau-compresseur du cinéma américain fait semblant de célébrer la victoire des “peuples premiers” sur les vilains impérialistes occidentaux. Du baratin : c'est un vilain film impérialiste occidental comme un autre, après lequel l’herbe cinématographique ne repousse plus. D’ailleurs Cameron n’a toujours pas répondu à la tribu indienne, les vrais Na'vis, qui lui a demandé son aide dans Variety. Il est vrai que son blabla humaniste est seulement virtuel, comme ses pantins céruléens. — PS. Je signale à cette occasion que la couleur des Na'vis est un emprunt direct à l'hindouisme, puisque le dieu Krishna est habituellement représenté en bleu ; idem pour le mot “avatar”, mot sanskrit qui désigne les incarnations du dieu Vishnou.

Je suis content de faire partie de l’underground, complètement à l’opposé du spectre (livide) du cinéma en 3D numérique truffé d’ectoplasmes grossiers. Je suis content d’avoir fait un film intitulé Crime dont le budget équivaut sans doute à celui des cure-dents de James Cameron. Je viens d’apprendre que ce Crime va être visible dans une configuration tout aussi minimaliste, au cinéma l’Entrepôt à Paris, probablement vers le mois de juin. J’en reparlerai. Mais c’est d’ores et déjà un des événements cinématographiques français de l’année, faute de combattants. Sa particularité est simplement de ne rien singer de contemporain, de ne pas ressembler à ce que le robinet d’eau tiède déverse chaque semaine sur les écrans. Après on peut gloser, ergoter sur son contenu, sa consistance ou son inconsistance. C’est annexe. Fin du buzz et du marketing viral

P.S. Cameron prépare Battle Angel, adaptation du manga Battle Angel Alita (alias Gunnm), qui fait penser à un mélange de Blade Runner et de Nikita. Bref, retour à la case Terminator