k très intéressant de comparer GI Joe à Ordinary people, film de guerre serbe. Peut-on imaginer de traitement plus opposé, de style aussi différent ? Non. Après je ne sais même pas si je préfère le film serbe. Disons que son titre est adéquat. Des personnes incroyablement ordinaires, y compris dans le crime de guerre (mais y a-t-il crime de guerre ?). Le minimalisme du film n'est même pas absolu, puisqu'il y a d'une certaine manière une dimension démonstrative. Evidemment elle est assez réduite par rapport à la panoplie sur-décorée de GI Joe.
Finalement vu d'autres bouts de Fringe hier. C'est définitivement un nouveau X-Files, ni pire ni meilleur (si ça se trouve ça ressemble plus à Millenium, que je n'ai jamais vu). Les ambiances sonores sont les mêmes que dans Lost, mais c'est plus limité
"il m'a fallu beaucoup contempler d'ombres pour pouvoir faire avancer mon rêve d'ombres. Et ensuite il m'a fallu beaucoup de rêve et de contemplation pour mettre les deux ensemble, et véritablement voir dans les ombres ce que je voyais dans mon rêve" C. C.
30.7.09
28.7.09
-•-smör`gås`bord-•-
k d'une part il y a cette recrudescence du cinéma guerrier (Star Trek/Terminator/Transformers), effet collatéral des guerres d'Irak/Afghanistan actuelles ; d'autre part cela traduit un trop plein de pulsions que le cinéma américain est INCAPABLE d'expulser par la voie normale, le sexe (seuls contre-exemples récents, très timorés, GFE de Soderbergh et I love you Phillip Morris, précisément banni des USA pour son contenu homo). Donc guerre et explosions continuelles (également présentes dans les films de superhéros, continuation de la guerre sur le terrain civil et urbain). Mais à force de surenchérir on tombe dans le n'importe quoi. Stephen Sommers avec G.I. Joe, le réveil du Cobra, réutilise la recette studio/effets spéciaux qui lui avait réussi avec ses lourdauds Momie 1 et 2. Ce qui ne va pas c'est la manie/ennui du décor spectaculaire. Les principaux lieux de l'action sont situés n'importe où en sous-sol (Pôle Nord, Egypte, Etats Unis). Comme ça se passe sous-terre, il n'y a pas de vitres, plus d'extérieurs, plus de repères. Donc, à chaque fois on se retrouve dans une sorte de gigantesque boîte de nuit high-tech d'environ 1km de long et de haut, bardée de loupiotes ; lieu propice aux explosions et aux effets spéciaux. Abstraction totale. Les séquences d'extérieurs, elles, sont archi-trafiquées. Le film se déroule en partie à Paris ; le clou du spectacle étant l'effondrement de la Tour Eiffel (effet 11 septembre) détruite par des nano-bombes mangeuses de métal… L'effondrement en soi est fort joli. Mais les courses poursuite dans Paris n'ont pas été tournées en France, mais à Prague. Par la magie gluante des effets numériques, on ne s'en rend pas trop compte (sauf moi, qui m'ennuyais trop et ai reconnu l'ocre baroque des pays de l'Est). Mais cela ajoute à l'effacement de tous les repères. Tout ça pour nous resservir un ersatz jamesbondien de plus. Au moins dans Dr. No, on voyait la vraie Jamaïque, pas un fond d'écran travaillé à la palette graphique.
Amusant tout de même : l'héroïne (car, malgré le titre, il y a des femmes) est incarnée par Sienna Miller, que j'ai retrouvée quelques heures plus tard, déglamourisée, dans The September Issue, documentaire sur Vogue, où elle fait la cover-girl pour le numéro de septembre du magazine, posant des problèmes à la rédaction à cause de la médiocrité (flagrante) de sa chevelure. Même dans un documentaire lisse à mourir, il y a encore des choses qui accrochent, des petits problèmes triviaux, plus passionnants que l'enfer immatériel des contes de fées modernes.
Le Oliveira, lui, est évidemment un repos/régal pour les yeux (d'ailleurs, quand Oliveira filme Paris, il le rend aimable, lui). Singularités d'une jeune fille blonde est un objet formidablement plaisant, par sa construction, ses dispositifs — un homme raconte à une inconnue dans un train la découverte de la jeune fille du titre à travers une fenêtre et sa déconvenue amoureuse. En même temps, et même si Oliveira est centenaire, on aurait aimé qu'il adapte un peu plus la nouvelle dont il s'est inspiré. Il s'est contenté de la transposer telle quelle dans le monde contemporain, sans faire sans vraiment chercher des résonances plus contemporaines. La problématique morale du héros y apparaît, du coup, désuette. Le film en devient un charmant objet surrané ; tout comme l'héroïne, qui n'a guère droit au chapitre (sois belle et tais-toi). Dommage, car si elle avait existé un peu plus qu'un charmant tableau dans un cadre (la demoiselle à l'éventail japonais) il y aurait sans doute eu une tension qui manque un peu. Ça vole évidemment à mille pieds au-dessus de la concurrence…
Amusant tout de même : l'héroïne (car, malgré le titre, il y a des femmes) est incarnée par Sienna Miller, que j'ai retrouvée quelques heures plus tard, déglamourisée, dans The September Issue, documentaire sur Vogue, où elle fait la cover-girl pour le numéro de septembre du magazine, posant des problèmes à la rédaction à cause de la médiocrité (flagrante) de sa chevelure. Même dans un documentaire lisse à mourir, il y a encore des choses qui accrochent, des petits problèmes triviaux, plus passionnants que l'enfer immatériel des contes de fées modernes.
Le Oliveira, lui, est évidemment un repos/régal pour les yeux (d'ailleurs, quand Oliveira filme Paris, il le rend aimable, lui). Singularités d'une jeune fille blonde est un objet formidablement plaisant, par sa construction, ses dispositifs — un homme raconte à une inconnue dans un train la découverte de la jeune fille du titre à travers une fenêtre et sa déconvenue amoureuse. En même temps, et même si Oliveira est centenaire, on aurait aimé qu'il adapte un peu plus la nouvelle dont il s'est inspiré. Il s'est contenté de la transposer telle quelle dans le monde contemporain, sans faire sans vraiment chercher des résonances plus contemporaines. La problématique morale du héros y apparaît, du coup, désuette. Le film en devient un charmant objet surrané ; tout comme l'héroïne, qui n'a guère droit au chapitre (sois belle et tais-toi). Dommage, car si elle avait existé un peu plus qu'un charmant tableau dans un cadre (la demoiselle à l'éventail japonais) il y aurait sans doute eu une tension qui manque un peu. Ça vole évidemment à mille pieds au-dessus de la concurrence…
26.7.09
24.7.09
**`Hippie----$hake**
k "c'est un film de faible intensité sur un événement d'une grande puissance", a écrit justement un journaliste du Hollywood Reporter à propos de cette horreur intitulée Taking Woodstock et rebaptisée pour sa sortie française Hôtel Woodstock. Une fiction sur les coulisses du festival de Woodstock en 1969. On ne voit jamais ce qui est l'essentiel de l'événement : les musiciens (mythiques) sur la scène. Le sujet c'est comment un petit homo new yorkais, gentil et tout, se libère de ses parents archaïques en déclenchant involontairement le plus grand festival pop de l'histoire. Passons sur le fait que dans les coins Ang Lee saupoudre un peu toutes les avancées morales et idéologiques possibles (la gay friendly attitude, l'écologie, etc). Le problème c'est qu'il y a déjà eu un film sur Woodstock, qui est sans doute le plus célèbre documentaire jamais tourné. Et, que fait Ang Lee, la plupart du temps ? Il IMITE le documentaire (même stylistiquement, en employant le split-screen à gogo). Une fiction qui imite servilement un documentaire. Taking Woodstock, le film le plus con de l'année.
Le cinéma est "l'imitation de la vie", OK, mais une fiction qui se contente de copier un documentaire sur un événement donné, sans repenser une seconde le problème/sujet, est un cas de lobotomie clinique. De quoi vous dégoûter du cinéma, comme processus de singerie terminale. La meilleure mise en abyme de Woodstock se trouve dans un film de SF des années 1970, Le survivant (The Omega Man) de Boris Sagal, histoire de fin du monde où Charlton Heston joue un homme seul entouré par des zombies hostiles. Il se passe Woodstock dans une salle délabrée, et il en répète tous les dialogues. Cette vision hypnotique du film est bien plus forte que la reconstitution bête et laborieuse et de Ang Lee, faiseur sans âme, dont la versatilité est synonyme de cynisme.
Le cinéma est "l'imitation de la vie", OK, mais une fiction qui se contente de copier un documentaire sur un événement donné, sans repenser une seconde le problème/sujet, est un cas de lobotomie clinique. De quoi vous dégoûter du cinéma, comme processus de singerie terminale. La meilleure mise en abyme de Woodstock se trouve dans un film de SF des années 1970, Le survivant (The Omega Man) de Boris Sagal, histoire de fin du monde où Charlton Heston joue un homme seul entouré par des zombies hostiles. Il se passe Woodstock dans une salle délabrée, et il en répète tous les dialogues. Cette vision hypnotique du film est bien plus forte que la reconstitution bête et laborieuse et de Ang Lee, faiseur sans âme, dont la versatilité est synonyme de cynisme.
22.7.09
fat///um
k encore un film chinois (même profondeur de champ, mais plus branché —> image bleutée), Memory of love, qui m'a fait penser que la fatalité n'existait pas dans la réalité. C'est un cliché romanesque, une mécanique littéraire. Le film joue avec cela sans tomber dans le piège. Un beau mélo moderne. Il faut que j'y repense. Pendant qu'on est dans les sorties à venir, j'ai été pas mal déçu par le dernier Elia Suleiman, Le temps qu'il reste (ne pas confondre avec Le temps qui reste de Ozon). Il progresse plastiquement. C'est beau, épuré… Mais narrativement c'est trop hybride, et trop sérieux. Il retrace en trois coups de
cuiller à pot les tourments du peuple palestinien depuis 1948. Ensuite, il fait son numéro doux-amer habituel, ponctué de ses inénarrables apparitions droopiesques. Ça ne commence vraiment que quand Suleiman apparaît, mi-Nosferatu, mi-Thierry Ardisson. Du coup, j'ai regretté qu'il ne prenne pas le risque de filmer ailleurs qu'en Palestine. Dommage, car ce mec a vraiment du potentiel. Son humour est génialissime. Il pourrait être le nouveau Tati. Mais je pense qu'il ne fouille pas assez ses sujets. Il se contente de petites idées mises bout à bout. Quant à ce qu'il dit sur la Palestine (ou sur son père, résistant), je n'ai pas l'impression d'avoir appris quoi que ce soit. Le B.A. BA
cuiller à pot les tourments du peuple palestinien depuis 1948. Ensuite, il fait son numéro doux-amer habituel, ponctué de ses inénarrables apparitions droopiesques. Ça ne commence vraiment que quand Suleiman apparaît, mi-Nosferatu, mi-Thierry Ardisson. Du coup, j'ai regretté qu'il ne prenne pas le risque de filmer ailleurs qu'en Palestine. Dommage, car ce mec a vraiment du potentiel. Son humour est génialissime. Il pourrait être le nouveau Tati. Mais je pense qu'il ne fouille pas assez ses sujets. Il se contente de petites idées mises bout à bout. Quant à ce qu'il dit sur la Palestine (ou sur son père, résistant), je n'ai pas l'impression d'avoir appris quoi que ce soit. Le B.A. BA
20.7.09
---ffan----tôm.
k par flemme, par frime, et aussi parce que, pour une fois, j'ai relu par hasard et trouvé intéressant un de mes anciens articles sur un livre de cinéma, je le reproduis ici :
Vie des fantômes, Le fantastique au cinéma de Jean-Louis Leutrat (1994)
L'idée la plus séduisante de Jean-Louis Leutrat est ici le parallèle entre fantastique et comédie. Voir sa comparaison saisissante, qu'il emprunte au critique Petr Kràl, entre Les Oiseaux d'Hitchcock et Seven chances de Buster Keaton. Dans le deuxième film, remarque Kràl, "Lorsque les mégères remplissent dans son dos (celui de Keaton) une église vide, la scène est aussi effrayante que la première apparition, chez Hitchcock, des oiseaux meurtriers. (...) Là, des fils télégraphiques couverts d'oiseaux, ici, une église remplie à craquer." Mais l'exemple le plus évident de cette correspondance entre genres est Docteur Jerry et Mister Love de Jerry Lewis, version comique de l'histoire terrible du Dr Jekyll et Mr Hyde de Stevenson. L'incursion de Leutrat dans des domaines extra-fantastiques ne s'arrête d'ailleurs pas à la comédie. Il s'en explique par ces mots : "Par fantastique du cinéma, il faut entendre ce qu'il y a dans le dispositif lui-même ainsi que les effets fantastiques produits par le cinéma avec les moyens qui sont les siens." Autrement dit, une autre singularité de ce livre subtil, truffé de citations qui vont de la littérature à la philosophie, est de démontrer insidieusement que le cinéma dans son ensemble est un art fantastique. Ainsi, tous les personnages sont des spectres. Comment peut-on se fier à un personnage dont un simple duplicata un ectoplasme ! précède sa vraie image à l'écran ? "Dans India song de Marguerite Duras, un personnage entre dans le champ, puis il y pénètre une seconde fois : la première image de lui n'était qu'un reflet (dans un miroir)." Leutrat compose donc un ouvrage qui décline les figures d'une poétique du cinéma. Poésie naissant non seulement des effets visuels typiques du fantastique, mais aussi des lieux symboliques et des objets fétiches, dont la seule présence transmet un sentiment d'inquiétante étrangeté (l'Unheimlichkeit chère à Freud). Même une simple porte : "Au-delà de la porte, comme au-delà du pont, c'est le pays des fantômes", ou, reprenant Roland Barthes, la porte "exprime d'une façon menaçante à la fois la contiguïté et l'échange, le frôlage du chasseur et de sa proie."
Mais Vie des fantômes n'explore que le versant poétique du fantastique ; professeur d'esthétique du cinéma, Leutrat n'a rien d'un clinicien. Le fantastique est certes le genre le plus métaphysique et aérien du cinéma, chose amplement prouvée par la référence constante aux œuvres du maître du hors-champ Jacques Tourneur, notamment à La Féline, ou à d'autres productions mythiques de Val Lewton. Cependant, pour paraphraser Kundera, on peut regretter parfois l'"insoutenable légèreté" de cette pénétration poétique et littéraire. Le fantastique a également une pesanteur, une dimension triviale : l'horreur a quelque chose d'intolérablement explicite ; elle flirte avec l'obscénité. Or, non seulement Leutrat ignore l'évolution de ce cinéma vers l'épouvante et le gore à partir des années 70, mais il évoque le mythe du vampire en faisant l'impasse sur la dominante largement érotique de ce phénomène. Si l'on peut parfois déplorer la vulgarité du fantastique actuel, qui laisse peu de place au rêve, certaines figures d'hier n'ont-elles pas une parenté saisissante avec celles d'aujourd'hui ? Ainsi, dans un chapitre consacré à "l'impression d'inhumanité" que dégagent certains personnages troubles, comme Kim Novak dans Vertigo, Leutrat note qu'ils ressemblent à un insecte prédateur comme la mante religieuse. Pourquoi ne pas étendre cette idée au cinéma présent ? Cette figure de mante religieuse esquissée dans Vertigo n'aboutit-elle pas au monstre gothique d'Alien, infiniment moins romantique que la Madeleine d'Hitchcock, mais tout aussi troublant ? Car cette figure incarne toute l'énigme du cinéma : comme le monstre, Madeleine est une reproduction hystérique de l'humain, un leurre total et sans âme. Vertige du même, du double, de l'insaisissable, de l'imitation de la vie.
Vie des fantômes, Le fantastique au cinéma de Jean-Louis Leutrat (1994)
L'idée la plus séduisante de Jean-Louis Leutrat est ici le parallèle entre fantastique et comédie. Voir sa comparaison saisissante, qu'il emprunte au critique Petr Kràl, entre Les Oiseaux d'Hitchcock et Seven chances de Buster Keaton. Dans le deuxième film, remarque Kràl, "Lorsque les mégères remplissent dans son dos (celui de Keaton) une église vide, la scène est aussi effrayante que la première apparition, chez Hitchcock, des oiseaux meurtriers. (...) Là, des fils télégraphiques couverts d'oiseaux, ici, une église remplie à craquer." Mais l'exemple le plus évident de cette correspondance entre genres est Docteur Jerry et Mister Love de Jerry Lewis, version comique de l'histoire terrible du Dr Jekyll et Mr Hyde de Stevenson. L'incursion de Leutrat dans des domaines extra-fantastiques ne s'arrête d'ailleurs pas à la comédie. Il s'en explique par ces mots : "Par fantastique du cinéma, il faut entendre ce qu'il y a dans le dispositif lui-même ainsi que les effets fantastiques produits par le cinéma avec les moyens qui sont les siens." Autrement dit, une autre singularité de ce livre subtil, truffé de citations qui vont de la littérature à la philosophie, est de démontrer insidieusement que le cinéma dans son ensemble est un art fantastique. Ainsi, tous les personnages sont des spectres. Comment peut-on se fier à un personnage dont un simple duplicata un ectoplasme ! précède sa vraie image à l'écran ? "Dans India song de Marguerite Duras, un personnage entre dans le champ, puis il y pénètre une seconde fois : la première image de lui n'était qu'un reflet (dans un miroir)." Leutrat compose donc un ouvrage qui décline les figures d'une poétique du cinéma. Poésie naissant non seulement des effets visuels typiques du fantastique, mais aussi des lieux symboliques et des objets fétiches, dont la seule présence transmet un sentiment d'inquiétante étrangeté (l'Unheimlichkeit chère à Freud). Même une simple porte : "Au-delà de la porte, comme au-delà du pont, c'est le pays des fantômes", ou, reprenant Roland Barthes, la porte "exprime d'une façon menaçante à la fois la contiguïté et l'échange, le frôlage du chasseur et de sa proie."
Mais Vie des fantômes n'explore que le versant poétique du fantastique ; professeur d'esthétique du cinéma, Leutrat n'a rien d'un clinicien. Le fantastique est certes le genre le plus métaphysique et aérien du cinéma, chose amplement prouvée par la référence constante aux œuvres du maître du hors-champ Jacques Tourneur, notamment à La Féline, ou à d'autres productions mythiques de Val Lewton. Cependant, pour paraphraser Kundera, on peut regretter parfois l'"insoutenable légèreté" de cette pénétration poétique et littéraire. Le fantastique a également une pesanteur, une dimension triviale : l'horreur a quelque chose d'intolérablement explicite ; elle flirte avec l'obscénité. Or, non seulement Leutrat ignore l'évolution de ce cinéma vers l'épouvante et le gore à partir des années 70, mais il évoque le mythe du vampire en faisant l'impasse sur la dominante largement érotique de ce phénomène. Si l'on peut parfois déplorer la vulgarité du fantastique actuel, qui laisse peu de place au rêve, certaines figures d'hier n'ont-elles pas une parenté saisissante avec celles d'aujourd'hui ? Ainsi, dans un chapitre consacré à "l'impression d'inhumanité" que dégagent certains personnages troubles, comme Kim Novak dans Vertigo, Leutrat note qu'ils ressemblent à un insecte prédateur comme la mante religieuse. Pourquoi ne pas étendre cette idée au cinéma présent ? Cette figure de mante religieuse esquissée dans Vertigo n'aboutit-elle pas au monstre gothique d'Alien, infiniment moins romantique que la Madeleine d'Hitchcock, mais tout aussi troublant ? Car cette figure incarne toute l'énigme du cinéma : comme le monstre, Madeleine est une reproduction hystérique de l'humain, un leurre total et sans âme. Vertige du même, du double, de l'insaisissable, de l'imitation de la vie.
18.7.09
#guir ` ` au
k créé un autre blog en parallèle. Pour l'instant je n'en parle pas trop parce qu'il est un peu sommaire et pas au point. De toute façon c'est quelque chose de plus basique et scolaire.
A propos du Roi de l'évasion de Guiraudie, je suis assez d'accord sur ce qui se dit un peu partout, sauf qu'il me semble qu'on force un peu son enthousiasme. Certes c'est beaucoup plus drôle et direct que ses deux premiers longs (régression décevante par rapport à ses moyens), mais il y a toujours un moment où ça tourne en rond, où ça devient systématique. Assez bluffé par la première heure en gros, j'ai commencé à décrocher à partir de la cavale du couple. Il faudrait que je le revoie pour dire exactement à cause de quoi. Mais ça m'a semblé s'étirer de façon injustifiée. Ensuite la fin, où quasiment tous les personnages se retrouvent dans une sorte de partouze, est un peu inutile pour moi. Ça fait un peu pirouette ou boucle pour boucler la boucle. Par ailleurs, si les situations sont audacieuses, notamment sur la vision de la nudité des corps âgés, Guiraudie reste dans une forme d'hypocrisie traditionnelle qui consiste à montrer les actes sans vraiment les montrer. Dans ce cas, je pense qu'il vaut mieux ne rien suggérer (rester dans le hors champ), au lieu de mimer.
Ah oui, j'oublie le plus important : pour la première fois, Guiraudie m'a énormément rappelé le Buñuel période française. Même unheimlichkeit, étrangeté permanente du quotidien qu'il me semble retrouver — encore une fois il faudrait le revoir — dans l'aspect artificiel (lumière ?) de certaines séquences d'extérieurs. Un naturalisme un peu Grévin, ce qui n'est pas péjoratif pour moi
A propos du Roi de l'évasion de Guiraudie, je suis assez d'accord sur ce qui se dit un peu partout, sauf qu'il me semble qu'on force un peu son enthousiasme. Certes c'est beaucoup plus drôle et direct que ses deux premiers longs (régression décevante par rapport à ses moyens), mais il y a toujours un moment où ça tourne en rond, où ça devient systématique. Assez bluffé par la première heure en gros, j'ai commencé à décrocher à partir de la cavale du couple. Il faudrait que je le revoie pour dire exactement à cause de quoi. Mais ça m'a semblé s'étirer de façon injustifiée. Ensuite la fin, où quasiment tous les personnages se retrouvent dans une sorte de partouze, est un peu inutile pour moi. Ça fait un peu pirouette ou boucle pour boucler la boucle. Par ailleurs, si les situations sont audacieuses, notamment sur la vision de la nudité des corps âgés, Guiraudie reste dans une forme d'hypocrisie traditionnelle qui consiste à montrer les actes sans vraiment les montrer. Dans ce cas, je pense qu'il vaut mieux ne rien suggérer (rester dans le hors champ), au lieu de mimer.
Ah oui, j'oublie le plus important : pour la première fois, Guiraudie m'a énormément rappelé le Buñuel période française. Même unheimlichkeit, étrangeté permanente du quotidien qu'il me semble retrouver — encore une fois il faudrait le revoir — dans l'aspect artificiel (lumière ?) de certaines séquences d'extérieurs. Un naturalisme un peu Grévin, ce qui n'est pas péjoratif pour moi
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